Appel à l'homme



Dans ce mouvement de dénonciation d’agressions sexuelles qui prend de l’ampleur depuis les derniers jours sur les réseaux sociaux, j’ai moi aussi quelque chose à dénoncer.

J’aimerais d’ailleurs faire une petite parenthèse ici et souligner le fait que je suis de tout coeur avec ces femmes fortes et courageuses qui osent prendre parole et partager les actes réprimandables dont elles ont été victimes. Je vous crois, et je suis là si le besoin se fait sentir de vous ouvrir sur ce sujet difficile.

Bref. Non, je n’ai (heureusement) pas été la cible d’abus physique. Toutefois, je peux affirmer que j’ai été victime, à maintes reprises au cours de ma jeune existence, d’abus psychologique provenant de la gente masculine. Et pourquoi donc ? Parce que j’ose assumer mes émotions et les communiquer. Parce que je suis une personne avec un tempérament anxieux pour lequel je suis d’ailleurs diagnostiquée et traitée, car c’est ma réalité. Quelqu’un (qui ne me connait à peine) s’est récemment amusé à dire du mal de moi en me traitant (excusez le langage, j’utilise les termes exacts) de crisse de folle. Classique complexe du besoin de supériorité, si vous voulez mon humble avis. Ma nature anxieuse fait de moi une personne particulièrement sensible. J’ai déjà écrit sur le sujet, si vous vous en souvenez bien. Avec les années, j’ai appris à accueillir cette facette de ma personnalité et j’ai surtout appris à l’honorer. Bien sûr, mon penchant à toujours tout remettre en question ne peut plaire à tous. Mais justifie-t’il toutefois le manque de respect, le jugement, la critique et des propos rabaissants ? NON. En aucun cas, puisqu’à aucun moment, je ne me suis montrée irrespectueuse dans cette (courte courte courte) relation.

C’est un peu décousu comme texte, je l’admets. Je n’écris plus autant que je le faisais. Parce qu’un jour, un garçon que j’ai aimé a jugé ce que j’écrivais. Depuis, j’essaie de renouer avec l’écriture, mais en vain. J’ai baigné assez longtemps dans une relation toxique par le passé. Un échange dans lequel, je ne bénéficiais que de peu de considération mis à part me faire constamment tout reprocher, me faire dire que je n’étais pas assez, me faire manipuler et me faire tromper. Cet individu s’est même servi de mes faiblesses contre moi, à un certain moment, afin d’obtenir ce qu’il voulait. Et ça, c’est de l’abus psychologique. Anyway, je ne suis pas venue vous raconter mon histoire. Je m’en suis remise, promis promis.

En gros, ce que j’essaie de faire en écrivant ces lignes, c’est un appel aux hommes. Je vous demande de nous respecter en tant que femmes. Que vous soyez d’accord ou non avec nos habits, notre manière de penser, de nous coiffer, avec nos idéaux et nos petits bobos, vous avez le droit à votre opinion, vous avez le droit d’aimer ou de ne pas aimer. Mais vous ne pouvez PAS rabaisser, dénigrer ou juger le sexe opposé gratuitement juste parce que. Vous n’avez même pas besoin d’avoir une raison. Ne le faites tout simplement pas, point.

Je trouve triste qu’avec toutes les batailles qui ont été menées par les femmes au cours de l’histoire, encore aujourd’hui, plusieurs d’entre vous considèrent qu’être une personne à l’écoute de ses émotions signifie être intense et hystérique. Vous croyez d’ailleurs qu’être sensible veut nécessairement dire être une crisse de folle. Et pour poursuivre de plus belles, il arrive encore fréquemment que les femmes qui ont confiance en elles et qui portent du mascara se fassent traiter de salope alors que celles qui ne se maquillent pas se font reprocher qu’elles sont paresseuses. Oh et sans oublier que lorsque certaines s’expriment haut et fort, vous ne tardez jamais à leur répliquer qu’elles dérangent et qu’elles sont  « too much ». Si je comprends bien, selon vous, en tant que femmes, il ne faudrait jamais s’affirmer et enterrer notre estime personnelle à coups de pelle pour être considérée comme « normale »? Voyons hommes, arrivez en 2020. Pouvez-vous juste nous laisser vivre et être s.v.p, merci.

D’un autre côté, j’aimerais remercier les hommes, les vrais qui existent encore dans notre petit monde présentement en pagaille. Je veux dire, ceux qui savent se montrer compréhensifs à l’égard de cette situation. À ceux qui prennent position pour défendre les femmes et s’opposer aux comportements sexistes et condescendants provenant de la part de leurs pairs. Merci d’exister, de nous soutenir et de nous voir telles que nous sommes.

Et maintenant, je te parle à toi, femme. Je te souhaite de t’affirmer. De reconnaître ta valeur, d’être capable de dire ce que tu veux et ce que tu ne veux pas. Et ce, peu importe ce que les autres peuvent en dire. Sois femme et ne te tais surtout pas. Montres au monde entier qui tu es, exposes tes convictions et crois en toi.


© 2020 Lespetitsbonheurs

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