C'est beau d'apprendre à s'aimer, je vous le dit


Parfois, je me force trop. Je veux trop utiliser des beaux mots, je réfléchis trop. Ça sort tout croche, ça fait pas de sens, pis après j’ai pu rien à dire parce que j’ai perdu toute essence.


D’autres fois, j’écris tout croche aussi. Comme là, maintenant.


Ça prend un équilibre comme on dit.


Anyway, aujourd’hui j’avais l’inspiration nécessaire pour parler de solitude parce qu’entre les quatre murs blancs de ma chambre, ça me tente.

Ça fait que plus le temps passe, je me rends compte que même si j’ai toujours particulièrement apprécié ma solitude, désormais elle m’est essentielle.


Je suis bien.

Mieux que jamais même.


Pas d’attente envers personne, pas d’autre cœur amoché à gérer, autre que le mien. Ah mais boff, il n’est plus si amoché que ça finalement. Ça fait du bien, enfin. Ces derniers mois de retraite amoureuse ont été révélateurs. Partir un quart d’année en voyage solo m’a énormément apporté aussi, je dois l’avouer.

C’est beau d’apprendre à s’aimer, je vous le dis.

Ça fait que je me demande souvent comment j’ai pû me laisser barouetter les sentiments par des ti-counes pas décidés par le passé. L’avantage c’est qu’on développe un niveau de tolérance assez limité. On en vient à savoir exactement ce qu’on veut et SURTOUT ce qu’on ne veut plus. Une chance qu’on apprend, merci.


Bref, c’est libérateur de réaliser qu’on est bien seul.

Légèreté serait le terme approprié.


Il y a quelque chose que j’ai remarqué : on s’en va tous au même endroit, mais dans des directions opposées. C’est un peu comme attendre le métro à la station Berri-Uqam, pour rentrer à la maison après une longue journée. Il y a ceux qui partent en direction Côte-Vertu, et juste de l’autre côté des rails, il y a ceux qui s’en vont vers Montmorency.

Y’a les passagers qui, comme moi, prônent que d’être seuls leur apporte beaucoup de bonheur.

Pis y’a ceux qui associent le bonheur au fait de partager leur vie avec quelqu’un.

Pis c’est correct.


Juste deux trains séparés par deux perceptions inversées au sujet de la solitude.

Aucun n’a tort, aucun n’a raison, tant qu’on se rend à bon port, dans le fond.


Je ne me comprends pas trop, la plupart du temps. Ça m’arrive parfois de presque m’ennuyer de mes ex-briseurs de cœur. Ça m’arrive aussi de cracher sur le prince charmant lorsqu’il se présente dans son carrosse blanc-brillant à minuit tapant, malgré le fait que je n’aie pas l’air de Cendrillon pentoute. Sauf que, quand je ne suis pas cohérente, je sais très bien que c’est parce que je n’ai envie de personne, que je n’ai besoin que de ma propre compagnie pour passer mon dimanche soir de l’action de grâce toute seule, à taper des mots pas de sens devant mon écran. C’est ce que je voulais et c’est ce qui me fait plaisir, point. Je ne me sens pas mal, merci, bonsoir. Je suis heureuse avec la sainte paix qui m’attend en entrant dans mon appart trop-vide, trop-grand de Petite-Patrie. Je me suis même payé le luxe de me faire livrer du végé par Uber Eats, juste parce que.


Je fais ce que je veux, quand je veux.


Et puis, là j’écris, pis même si je sais pu écrire parce que ça fait longtemps que j’ai pas osé, je m’en fous. C’est beau de s’en foutre, je vous le dis.

Parce que j’essaie tout le temps trop que tout soit toujours parfait. Pourtant, souvent, l’imparfait est encore plus beau. Je sais que c’est raw comme texte. J’ai pas mis de filtre M5 VSCO pour accentuer les teintes de mes mots. Juste du vrai, pas retouché.

C’est le fun de prendre assez confiance, même quand on ne sait pas du tout où on s’en va. Je me suis peut-être trompée de ligne, mais je suis certaine que peu importe où je vais aboutir, il y aura de quoi de beau à visiter dans le coin.

© 2020 Lespetitsbonheurs

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now