Expatriation passagère


À 1681 km au nord de ma destination initiale, mes choix des semaines précédentes m’ont menés dans cette ville côtière située non trop loin de la fameuse Grande Barrière de corail Australienne. Cairns me semble être un genre de doux mélange entre la frénésie de la métropole et le calme d’une municipalité reculée. Un équilibre entre la prudence et l’insouciance. J’ai envie de m’installer ici un certain temps, de découvrir ce que ce lieu presque familier pourrait bien m’offrir. Il faut parfois accepter que nos plans peuvent changer. Équilibre : un mot tant convoité pour la personne un peu trop disciplinée que je suis. Je peux d’ailleurs constater qu’un vent de changement s’est déjà amorcé quelque part dans un recoin de ma conscience avisée. J’ai eu l’incroyable chance de faire d’étonnantes rencontres en début de parcours, qui m’ont fait voir la vie sous un tout autre jour. Le plus simplement du monde, j’ai découvert un quotidien rempli de la douceur du moment présent et d’aventures abracadabrantes.

Je me suis endormie sur des dunes en observant la voie lactée , j’ai omis de prendre une douche durant plusieurs 24 heures d’affilées, j’ai conduit sur la plage de la plus grande île de sable qui existe à ce jour. J’ai aussi croisé des lézards qui avaient la taille de gros serpents, et des serpents qui mangaient des araignées de grosseurs que je n’avais encore jamais vu. J’ai assisté au changement d’une roue en plein coeur d’une forêt tropicale assombrie par la nuit, ce qui m’a fait craindre momentanément pour la vie de mes amis.

J’ai également accumulé d’autres nombreuses premières fois : allumer un feu ,camper à même le sol dans des lieux inusités, appris quelques notes à la guitare, bu un peu trop de Jameson, grimper sur un bâteau échoué, me laver la crinière dans l’océan, câliner des kangourous, marcher pieds nus dans la rue, me baigner en sous-vêtements sous des chutes d’eau glaciale. J’ai même cuisiné un mauvais plat végé, une lampe frontale sur la tête pour éclairer mes gestes saccadés tout en ayant les orteils enfouies sous le sable fin d’une plage colorée.

Bref, je me suis extirpée hors de mon petit nid douillet pour vivre la vraie vie de «beach bum».

J’ai peine à réaliser qu’en un si court lapse de temps j’ai déjà expérimenté autant d’odyssées.

Incroyable de croire que tout ne fait que commencer.

Merci la vie.

Danika, Mathis, Sylvestre et Charles , merci pour tout.

© 2020 Lespetitsbonheurs

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