Héros solitaire


Dans l’autobus qui me conduit vers Yungaburra, j’observe les chaînes de montagnes qui entourent cette route de campagne , la tête remplie de mots qui stagnent. À une heure trente au sud-ouest de Cairns, se cache un petit village isolé où l’on m’a proposé une offre d’emploi que je n’ai pas su refusée. Malgré l’incertitude, j’ai décidé de foncer et d’assumer que le seul vrai moyen de découvrir ce qui m’attendait était d’oser essayer. C’est donc à pieds joints que je saute dans l’absence d’un avenir orchestré. J’approche un lieu où la plus grande épicerie arrive à peine à rivaliser avec la superficie d’une pharmacie. Bienvenue dans un recoin presque oublié de l’Océanie où il fait bon de prendre tout le temps du monde pour apprivoiser une solitude endurcie.

Solitude. Cet état d’être que j’appréhende un peu, même en l’ayant ardemment désiré depuis belles lurettes. L’essence même de ce périple reposait en partie sur l’exploration et la découverte de soi. Chose qui, je crois, s’effectue au gré d’une succession d’expériences plus ou moins triomphantes et qui forge de solides fondations pour pallier à n’importe quel raz-de-marée. J’ai l’impression d’avoir pris conscience de l’essence de cette grande notion de vie il y a de cela une éternité (du haut de mes 23 petites années) ; que le bonheur se cultive en héros solitaire , du genre à la Wolverine. C’est écrit noir sur blanc dans tous les livres de développement personnel, de psycho-pop, de spiritualité, dans les films à succès aux morales trop sensées.

L’amour , le vrai, il part de soi.

Bon, c’est telllllllllllement cliché je sais, mais il n’y a pas meilleure façon de l’affirmer. Et même en étant mieux éclairée sur cette révélation qui devrait avoir changé le cours entier de ma réalité, c’est aussi juste plus laborieux d’assumer que c’est difficile de l’appliquer à sa propre petite personne.

Et combien d’entre vous vont se reconnaître ici ? Les bons amis qui offrent les meilleurs conseils pour autrui mais qui oublient de s’écouter eux aussi.

Je crois que c’est ce qui me fascine autant des relations ; on porte souvent plus d’amour aux autres qu’on ne s’en porte à soi-même. Et je parle au nom d’une fille que l’on pourrait qualifier de non-expérimentée en amour si l’on considère que toutes mes relations ont tournées au fiasco jusqu’à ce jour. Je prends le blâme de ces échecs relationnels. Et le simple fait d’assumer la pleine responsabilité d’un manque d’amour propre que j’ai négligé, m’a grandement aidé à effacer les remords de mes amours passés.

Ne t’en fais pas, c’est l’œuvre de toute une vie d’apprendre à s’aimer.

D’ici là , j’espère sincèrement que tu embrasses chaque seconde de ton existence aussi passionnément que tu offres inconditionnellement ton amour aux autres.

© 2020 Lespetitsbonheurs

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