Langage universel


Je marchais sur l’Esplanade achanlandée qui mène au bout du quai de la marina où se situe le nouveau restaurant où j’ai été engagée. Un bord de l’eau convoité, une clientèle assez huppée. Le soleil s’est exibé littéralement toute la journée, question d’imiter l’humeur de la foule qui s’éparpille partout sur la pelouse. J’en ai moi aussi profité pour aller m’allonger sous un arbre en compagnie de quelques amis durant l’après-midi.

Malgré les accents déformés qui dérivent d’un anglais à peu près appris et plus ou moins maîtrisé, malgré aussi les divergences culturelles et les décalages horaires assez considérables, nous parvenons, bien heureusement, toujours à nous comprendre.

Peu importe quelles différences nous distancent, il y a bien ce sentiment qui nous rassemble. Nous nous retrouvons tous à désirer profondément cette même connexion.

J’ai eu le bonheur d’observer et d’échanger des conversations vraiment enrichissantes sur le sujet au fur et à mesure que je rencontre ces gens venant de partout dans le monde. Tout pour finalement réaliser que nous nous comprenons tous dans une seule et unique langue universelle; l’Amour.

S’il y a bien un débat qui anime des discussions, c’est celui-ci.

Peut-on arrêter de prétendre, quelques minutes, d’être au-dessus de tout ça? À en entendre plusieurs, l’amour, les sentiments , les émotions semblent être une faiblesse. Peut-on mettre son égo de côté le temps d’une lecture et s’avouer humblement que nous en avons tous besoin, que nous le convoitons tous. L’amour de soi, l’amour des autres, l’amour que l’on porte à tout ce qui nous entoure. C’est principalement ce de quoi l’on s’alimente pour mener une vie épanouie.

De mon mieux, j’essaie de raccommoder des opinions contraires pour en arriver à la conclusion que, l’Amour ne se trouve qu’à être une question de choix en fin de compte. Du moins, je crois. Apparemment, il suffirait de choisir, jour après jour, d’être avec quelqu’un, peu importe les circonstances, coûte que coûte, quoi qu’il arrive. Ça sonne si simple, si romantique. Pour une enfant qui a eu la chance de grandir avec ses deux parents toujours ensemble,il peut être assez facile d’adopter cette idée. J’ai la bonne fourtune d’être tombée sur un modèle de couple que je considère exemplaire. Des parents toujours amoureux, même après 28 ans de vie commune. Cela m’a toutefois souvent portée à ressentir de la confusion dans mes précédentes relations. J’ai souvent essayé tellement fort pour tout faire fonctionner. J’ai tenté de reproduire ce à quoi j’ai toujours été exposée. Je me souviens alors d’une discussion que j’ai déjà eu avec mes géniteurs lors de ma dernière rupture amoureuse. Le cœur brisé , je leur ai demandé comment il était possible, pour eux, de ne jamais se disputer,comment tout peut toujours être si doux et beau après tant d’années. D’aussi loin que je me souviennes, jamais je n’ai entendu l’un hausser le ton contre l’autre .Ils m’ont alors répondu, le plus simplement du monde, qu’ils se respectent et qu’ils ne sont pas toujours d’un accord commun, mais que lorsqu’une divergence d’opinion se présente, ils ont la capacité de se parler calmement et de prendre le temps de vraiment s’écouter afin de trouver un compromis. Je n’ai aucun mal à y croire selon ce qu’en témoigne leur complicité. Mais vraiment ? Ça semble tellement simpliste écrit ainsi que je me demande pourquoi c’est si difficile de l’appliquer dans la réalité.

Pourquoi les amoureux finissent par se séparer, pourquoi des amitiés prennent des directions opposées, pourquoi on dresse des barrières quand vient le moment de s’aimer soi-même? Pourquoi, pourquoi , pourquoi. Je pourrais écrire (trop) longtemps à la recherche d’un éclaircissement quelconque.

Je vous jure qu’il n’y a rien de plus complexe que d’écrire sur ce sujet. Je ne veux pas prétendre savoir de quoi je parle. Je ne suis qu’une fervante croyante des leçons que la vie a à m’apporter. Je n’y connais absolument rien. J’ai tout, mais rien à dire à la fois.Un véritable paradoxe. J’ai l’impression de tomber en panne de mots pour n’écrire finalement que quelques bribes de deux ou trois phrases en espérant bien fort qu’elles prennent un peu de sens. Il m’arrive souvent d’attraper mon téléphone spontanément parce qu’une idée vient de me frapper. Et je me fous la pression sur les épaules en ce moment même pour tenter de trouver les mots les plus convenables pour m’expliquer. Cela fait des semaines que j’essaie d’écrire quelque chose d’à peu près compréhensible mais je n’y arrive point. Mission impossible, ou presque.

L’amour me semble n’être rien de logique, rien qui s’explique. Semblerait-il qu’il faut du courage pour plonger dans ses émotions et prendre le temps de les ressentir, pour de vrai, afin de pouvoir comprendre ce langage non-verbal. Une capacité inée à communiquer, une compréhension profonde de l’autre qui ouvre les portes d’un amour véritable.

© 2020 Lespetitsbonheurs

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