Leçon de savoir-vivre no.64 : Les transports en commun



Depuis que j’habite en ville, j’ai pas mal souvent recours aux transports en commun. C’est plus pratique que d’essayer de trouver du stationnement et c’est beaucoup plus rapide que de me risquer à conduire ma voiture dans les heures de pointe.


Aujourd’hui, il pleut. Comme je n’ai pas envie de marcher les 20 minutes qui séparent la station Beaubien de mon appart, je prends la 18 pour m’escorter jusqu’au coin de ma rue. En sortant du métro, certains courent et se précipitent pour attraper leur autobus qui se hâte de partir. Quelqu’un m’accroche, je rebondi. Le sac que je porte à l’épaule effleure le bras d’un vieil homme qui s’empresse de me crier : EILLE LA GROSSE!


Je m’excuse, même si ce petit accrochage n’était clairement pas intentionnel, et décide de faire abstraction de sa réaction et ses propos ridiculement exagérés.


(Durant le transport, je suis absorbée par la lecture d’un recueil de nouvelles que je me suis procuré à la librairie Jasmin de l’UQAM sur ma pause du dîner. Je ne sais pas trop ce qui me prend dernièrement, mais j’ai un intérêt soulevé pour la littérature québécoise. Pour les mots moins poétiques, plus crus et aussi, pour les environnements connus. )


Bref.


Je suis recroquevillée dans un petit coin bien tranquille à avaler les mots d’Hélène Forest. Puis soudain, j’entends chigner juste à côté de moi. Je m’extirpe hors de ma lecture. Un homme insulte une femme car elle transporte beaucoup de sacs avec elle. Elle doit prendre de la place pour trois personnes au moins.


Le véhicule est bondé de monde. Personne ne veut marcher quand il pleut. On se pile sur les pieds, on se tombe dessus à chaque fois que le bus repart d’un arrêt demandé aux 40 mètres. Le trajet s’annonce long. Je prends le temps de remarquer que l’humeur des passagers concorde avec le temps gris. Je constate que les gens sont impolis, comme aigris par la vie. Je me demande pourquoi des inconnus agissent ainsi entre eux. Je me perds dans mes pensées alors que je croise le regard d’un adolescent assis entre deux hispaniques qui parlent fort. On ne comprend rien. Je rebaisse les yeux vers mon livre et les relèvent. Il me fixe encore. Bien voyons ? Petit malaise.


Je sors mon téléphone et note deux ou trois bouts de réflexions que je compte aiguiser en arrivant à la maison.


Je replonge aussitôt dans ma nouvelle, manquant presque mon arrêt au coin de Chabot.

(Je marche vers l’appart, passant devant ma voiture juste pour m’assurer que je n’ai pas “pogné” un autre ticket. Il faut se le dire, Montréal est sans pitié. Depuis mon arrivée ici, soit le 29 septembre, j’ai eu droit à un remorquage et trois contraventions de parking. Bien hâte de voir cet hiver de quoi ça aura l’air.)


En entrant chez moi, j’attrape directement mon portable. Même si j’avais prévu aller m’entraîner aussitôt arrivée, les mots s’imposent. Je me prépare un café me disant que j’irai tout de suite après avoir terminé d’écrire.


Puis au fur et à mesure que je rédige ces lignes, je me questionne à savoir quelle est l’essence même de ce texte ? Au départ, j’avais eu l’idée de mettre l’emphase sur la désolation que j’avais envers les impolitesses injustifiées que les gens se garochent dans les transports en commun.


J’en suis témoin tous. les. jours. Sur la route aussi; piétons, cyclistes et automobilistes. Mais ça, c’est un tout autre débat.


Aujourd’hui, j’écris pour tous ceux qui ont besoin d’une notion de savoir-vivre en communauté.


LES GENS QUI BOUSCULENT LES AUTRES POUR SE DÉPÊCHER À ENTRER DANS LE MÉTRO PLUTÔT QUE D’ATTENDRE LEUR TOUR COMME TOUT LE MONDE.


Et en va de paire ,CES MÊMES INDIVIDUS QUI VEULENT ENTRER AVANT DE LAISSER SORTIR LA FOULE.


LES MICROBES AMBULANTS QUI NE PORTENT PAS LEUR COUDE DEVANT LEUR BOUCHE POUR TOUSSER.


CEUX QUI NE CÈDENT PAS LEUR PLACE AUX PERSONNES ÂGÉES.

CES INSENSIBLES, MÉCONTENTS QUE LEUR LIGNE DE TRANSPORT SOIT SUSPENDUE PARCE QU’UN AUTRE ÊTRE HUMAIN A CHOISI DE METTRE FIN À SES JOURS EN SE PITCHANT DEVANT UN WAGON.


S’cusez moi le changement de langage soudain mais WHAT THE F**CK ?


Un manque de compréhension flagrant des concepts de respect et de partage. Une absence de compassion. Une façon tellement égocentrique de se considérer et de se croire plus important qu’autrui. Mais dans quel monde on vit ?

Je ne comprends pas comment l’être humain peut parfois être aussi … méchant? Je me désillusionne tranquillement de ce monde de licornes et de papillons que je m’étais créé. Sans toutefois être pessimiste, parce que j’ose croire que les actes de bonté existent encore.


Le hic, c’est que chacun ne pense qu’à soi.

On a tous hâte de rentrer à la maison après une grosse journée au boulot. On a tous pas particulièrement envie de se faire envahir notre espace personnel et être collé telle une sangsue contre un inconnu dont on ignore l’hygiène.


Sauf que ça ne sert à rien de crier après les autres. Ça ne sert à rien de chialer, mise à part te faire passer une mauvaise journée.


Sur une note plus positive, moi j’aime les transports en commun. Parce qu’en plus de sentir que je fais ma part pour réduire mon empreinte écologique, je trouve ça beau d’observer toute la diversité de gens que l’on peut croiser d’un point A à un point B. J’aime m’imaginer toutes les histoires qui sont silencieusement racontées dans la tête de chaque passager.

What if, demain matin, on devenait tous un peu plus courtois lors de nos déplacements ? Je voulais juste que tu y réfléchisses un peu.

© 2020 Lespetitsbonheurs

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